Un arbre devenu trop grand, malade, qui soulève une terrasse ou menace une toiture : la décision de l’abattre se prend rarement de gaieté de cœur. Avant de faire venir la tronçonneuse, une question revient presque toujours : faut-il une autorisation pour abattre un arbre dans son propre jardin ?
La réponse courte est rassurante : dans la majorité des cas, non. Mais il existe plusieurs situations, plus fréquentes qu’on ne le pense autour de Tours, où une démarche en mairie est obligatoire. Voici comment savoir si votre arbre est concerné et quelles précautions prendre avant de couper.
Le principe : un arbre privé s’abat librement
Un propriétaire peut en principe abattre un arbre situé sur son terrain sans demander d’autorisation, qu’il s’agisse d’un fruitier fatigué, d’un conifère trop proche de la maison ou d’un arbre mort. C’est la situation de la plupart des jardins pavillonnaires de la métropole.
Cette liberté connaît cependant des limites, qui tiennent à trois grandes familles de règles : l’urbanisme local, la protection du patrimoine et des paysages, et les obligations de droit privé comme les règlements de lotissement. La même opération peut donc être libre dans une rue et soumise à déclaration quelques centaines de mètres plus loin.
Les cas où une démarche est nécessaire
Les espaces boisés classés du PLU
Le plan local d’urbanisme peut classer certains boisements, bosquets, haies ou arbres isolés en espace boisé classé, souvent abrégé EBC. Dans ces espaces, les coupes et abattages sont en général soumis à une déclaration préalable auprès de la mairie, et le défrichement y est interdit. Ce classement concerne parfois des jardins privés, notamment sur les coteaux boisés ou en lisière de vallée.
Les arbres et éléments de paysage identifiés au PLU
Sans aller jusqu’au classement en EBC, le PLU peut repérer des arbres remarquables, des alignements ou des parcs à préserver pour des raisons paysagères ou écologiques. Les travaux qui les suppriment ou les modifient peuvent alors nécessiter une déclaration préalable. Le règlement graphique du PLU, consultable en mairie, indique ces prescriptions.
Les abords des monuments historiques
Dans le périmètre de protection d’un monument historique, de nombreux travaux modifiant l’aspect extérieur d’une propriété sont soumis à l’avis de l’architecte des Bâtiments de France. L’abattage d’un arbre visible depuis l’espace public peut entrer dans ce cadre. Tours et plusieurs communes voisines comptent de nombreux monuments protégés : le centre historique, ses abords et certains secteurs de bord de Loire sont concernés.
Les sites classés et inscrits
Dans un site classé, toute modification de l’état ou de l’aspect des lieux est soumise à autorisation spéciale ; dans un site inscrit, les travaux doivent être déclarés à l’avance. Ces protections s’appliquent à certains paysages et ensembles remarquables de Touraine.

Et le Val de Loire classé à l’UNESCO ?
Le Val de Loire, entre Sully-sur-Loire et Chalonnes-sur-Loire, est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO au titre des paysages culturels, et Tours se trouve en son cœur. Cette inscription traduit un engagement de préserver la qualité des paysages ligériens, que les collectivités intègrent dans leurs documents d’urbanisme.
En revanche, l’inscription UNESCO ne crée pas, à elle seule, une autorisation spécifique à demander pour chaque arbre. Ce sont les outils réglementaires classiques, PLU, sites classés ou inscrits, abords de monuments, qui s’appliquent. Si votre maison est située sur un coteau ou en bord de fleuve, à Rochecorbon, Vouvray, Saint-Cyr-sur-Loire ou Savonnières par exemple, il est d’autant plus utile de vérifier auprès de la mairie.
Les obligations de droit privé
Le règlement de lotissement
Certains cahiers des charges de lotissement imposent la conservation d’arbres existants ou un nombre minimal d’arbres par parcelle. Ces règles contractuelles s’imposent aux colotis, indépendamment du PLU.
Le permis de construire initial
Lorsqu’une maison récente a été autorisée avec l’obligation de conserver ou de planter des arbres, les supprimer peut contrevenir aux prescriptions du permis.
La copropriété
Dans une copropriété horizontale ou une résidence, un arbre situé sur une partie commune ne peut pas être abattu sans décision de l’assemblée générale, même s’il se trouve devant votre jardin privatif.
La faune et le calendrier
Même lorsque l’abattage est libre, il reste soumis au respect des espèces protégées. Détruire un nid occupé ou le gîte d’une espèce protégée est interdit. C’est pourquoi l’Office français de la biodiversité recommande d’éviter les abattages de mi-mars à fin juillet, période de nidification. Les vieux arbres creux, qui peuvent abriter des chauves-souris ou des oiseaux cavernicoles, méritent une attention particulière avant toute coupe.
Bon réflexe : avant d’abattre, un simple appel ou un passage au service urbanisme de votre mairie permet de savoir si la parcelle est concernée par un EBC, un élément de paysage protégé ou un périmètre patrimonial. Le PLU est aussi souvent consultable en ligne sur le site de la commune ou de Tours Métropole Val de Loire.
L’arbre du voisin, l’arbre en limite
Un arbre planté sur la limite séparative est présumé mitoyen : il ne peut être abattu qu’avec l’accord des deux propriétaires, sauf exceptions. Si l’arbre se trouve entièrement chez le voisin, vous ne pouvez pas l’abattre vous-même, mais vous pouvez, selon le Code civil, exiger la coupe des branches qui avancent sur votre terrain ou la réduction d’un arbre planté trop près de la limite.
Abattre en sécurité
Une fois la question administrative réglée, reste la question technique. Un arbre isolé au fond d’un grand terrain peut parfois tomber d’une pièce dans une direction dégagée. Dans un jardin de ville, entre maison, clôture, lignes aériennes et terrasse, l’abattage se fait presque toujours par démontage : le grimpeur coupe l’arbre par tronçons depuis le haut, en retenant chaque morceau par des cordes. C’est plus long, mais c’est la seule méthode qui protège les bâtiments et les plantations alentour.
- Vérifier la situation réglementaire de la parcelle.
- Choisir une période hors nidification.
- Prévoir l’évacuation du bois et des branches, ainsi que le sort de la souche.
- Penser au remplacement : une nouvelle plantation adaptée à l’espace disponible.
Un abattage réalisé par nos équipes
Nous réalisons nous-mêmes les abattages à Tours et dans les communes voisines, y compris dans les jardins exigus, et nous vous aidons à identifier les démarches à effectuer auprès de votre mairie. Pour en savoir plus, consultez nos pages abattage d’arbre et abattage par démontage, puis contactez-nous pour une visite et un devis gratuit.



